Renvoyés devant le tribunal correctionnel de Lyon pour "violences volontaires en réunion" après avoir notamment "tondu" la benjamine de la famille, un fils et un père d'origine tunisienne ont été condamnés, mardi 19 décembre, respectivement à douze mois de prison, dont huit avec sursis, et à six mois avec sursis, avec mise à l'épreuve.
Le 16 novembre, Bouthaïna Khaldi, d'origine tunisienne, 18 ans, avait trouvé refuge au commissariat d'Oullins, près de Lyon, où elle avait raconté les violences qu'elle venait de subir.
De retour au domicile familial après avoir dormi deux jours dans un hôtel avec son ami Paco, un jeune Français d'origine espagnole, la jeune fille avait été enfermée dans la salle de bains. Sa s½ur avait fouillé dans son sac pour déchirer les photos de son ami. Puis son frère était entré comme une furie, lui jurant qu'il allait la "tuer". Maintenue au sol par le père, Bouthaïna avait raconté aux policiers que son frère lui avait alors asséné coups de pied et de poing, avant de lui raser partiellement sa chevelure, puis de lui cracher au visage. En retrait, la mère l'avait traitée de "sale pute" qui "sortait avec un Français".
Une fois le frère parti pour rejoindre ses cours de boxe, Bouthaïna avait alors tenté d'ingurgiter de l'eau de Javel. Empêchée par sa s½ur, elle s'était enfuie. Conduite à l'hôpital, la jeune fille s'était vu délivrer une incapacité de travail de huit jours et avait décidé de porter plainte contre son frère.
Dans son box, les poings fermés, le frère, Hani Khaldi, 22 ans, maçon, cheveux ras, biceps moulés dans un tee-shirt, a eu le plus grand mal à se contenir. S'adressant au tribunal avec insolence, répondant à peine aux questions, il a foudroyé du regard sa s½ur, assise au premier rang du public. Interrogé par le président du tribunal, il a assumé la totalité des faits pour dédouaner son père, qui comparaissait libre.
"NI VU NI CONNU"
Pourquoi cette violence ? Le jeune homme a éludé l'existence du petit copain pour évoquer un vol de bijoux. Selon lui, sa s½ur avait dérobé à sa mère des bijoux qu'elle avait placés en gage au Crédit municipal. Elle avait aussi dépensé en vêtements la dot envoyée par son cousin tunisien avec qui ses parents voulaient la marier. Le père, Amor, un électricien au chômage qui vit avec 614 euros par mois, avait dû prendre un crédit pour rembourser. "Elle a fait du mal à ma famille. Je lui en ai fait aussi", a-t-il clamé.
Amor Khaldi, 62 ans, a expliqué qu'il avait essayé d'empêcher la dispute. Pour lui, "toute cette histoire est une affaire familiale qui aurait pu s'arranger ni vu ni connu".
Pour le procureur, qui avait requis des peines plus lourdes, les deux hommes n'ont pas montré une réelle prise de conscience de la gravité des actes. "Ces violences conscientes, délibérées, longues, sont d'autant plus graves qu'elles ont été portées contre une personne en état d'infériorité", des violences visant "à exclure la victime de sa propre famille, une jeune fille tout juste majeure, commençant à s'émanciper".
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Que dois-je penser moi jeune maghrébine ayant grandi dans cet environnement occidental tout en gardant mes valeurs & principes arabo-musulmans????
* Qu'elle a sali sa famille en leur faisant du mal????
* Qu'elle mérite cela car elle a porté plainte contre son propre père????
* Qu'elle a bien fait car cet acte reste malgré tout un acte de violence qu'elle qu'en soit la cause ????
QUE PENSER DE CETTE HISTOIRE SANS JUGER ????